Le théâtre
La passion qui anima Voltaire pour le théâtre fut l'affaire de toute sa vie.
La passion qui anima Voltaire pour le théâtre fut l'affaire de toute sa vie. Auteur, acteur, metteur en scène, il espéra passer par ce biais à la postérité qui lui a refusé ce privilège. Son théâtre, que l'on dit injouable sans l'avoir lu, a souffert de la transition du classicisme au romantisme.
 Sa premère tragédie, "Oedipe" jouée pour la première fois en 1718, marqua assez curieusement sa rupture avec son père puisque c'est à cette époque qu'il rejeta son patronyme Arouet et choisit Voltaire.
De sa période fernèsienne, il nous a laissé 23 pièces tant tragédies que comédies, "Irène" étant celle qui en 1778 fut l'un des prétextes de son retour à Paris.
Voltaire fut aussi un bâtisseur de salles de spectacles, il installa des théâtres à Paris, à Cirey ( où il subsiste encore), aux Délices, à Tournay et enfin à Ferney.
Dès 1760, il projeta d'aménager un théâtre dans un bâtiment de ferme hérité de l'ancien manoir et situé entre celui-ci et l'église paroissiale. Prévu pour un auditoire de cinquante personnes, en voici la description par Voltaire lui-même: "Hier mercredi 24 mars nous essayâmes Cassandre; notre salle est sur le modèle de celle de Lyon; le même peintre a fait nos décorations; la perspective en est étonnante, on n'imagine pas d'abord qu'on puisse entendre les acteurs qui sont au milieu du théâtre, ils paraissent éloignés de cinq cents toises. Ce milieu était occupé par un autel. Un péristyle régnait jusqu'aux portes du temple (...) (à Honoré-Armand, duc de Villars, 25 mars 1762.).
L'année 1762 marqua l'apogée de cette salle où s'enchaînaient fêtes et représentations. Puis il fut souvent fermé de 1763 au printemps de 1765 où il fut démoli pour être rétabli dans l'été qui suivit. Réaménagé et agrandi (200 à 250 personnes ?) il fut définitivement abandonné au début de 1768 et transformé pour accueillir une culture de vers à soie et des ateliers d'horlogerie.
En 1776, Voltaire octroya le 7 mai un prêt de 24 000 £ à Joseph-François Gallier de Saint-Gérand pour bâtir une nouvelle salle dans un grand magasin inachevé sur un terrain au centre du village. Léonard Racle seconda Saint-Gérand dans cette réalisation. Le théâtre fut inauguré en juillet 1776 par le grand acteur Lekain venu spécialement de Paris et qui y remporta, aux dires de Voltaire, un succès international! Il nous a laissé son témoignage: "La salle de la Comédie est assés jolie, mais il s'en faut bien Qu'elle soit aussi magnifique Que monsieur de Voltaire se L'imagine; c'est un Charmant Rien Qu'il est fort Extraordinaire de Rencontrer à Cent Cinquante Lieues de la Capitalle, dans un village Composé de Treise Cent habitants, Lorsque La plus part de nos grandes villes du Royaume n'ont Encore Que dès Ecuries oû dès jeux de paume pour y représenter Lès Chèfs d'oeuvre de L'esprit humain; (...)
Après le départ et la mort du Patriarche, la salle fut abandonnée et le bâtiment rendu au commerce et à l'habitation. La disparition de Voltaire marqua ainsi la fin d'une période de faste théâtral, mais il avait jeté "le fondement de la reconnaissance finale d'un art traditionnellement rejeté."
Ariane GIRARD. Les théâtres de la région genevoise au temps de Voltaire. in Voltaire chez lui Genève et Ferney. Genève, Skira, 1994. pp.83 et suiv.
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Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps,
Tu ne nous as point donné un coeur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger. Puissent tous les hommes se souvenir qu¹ils sont frères !
« Prière à Dieu »,
Voltaire, Traité sur la tolérance. |
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