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Représentation de Voltaire

 

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La Chapelle

« L’Eglise de Voltaire » ! Comment ces deux termes ont-ils pu se rapprocher, car enfin, Voltaire fut de son vivant et aux XIXe et XXe siècles, « le porte étendard de l’impiété, l’Antéchrist, le Loup garou » si l’on en croit son curé Pierre Hugonet.

Le paradoxe n’est qu’apparent puisqu’en achetant en 1758 la terre et seigneurie de Fernex à la famille de Budé, Voltaire en avait certes acquis les droits mais aussi les devoirs. Devoirs dont il était très conscient ainsi qu’il l’affirme à son ami le comte d’Argental : « j’édifie mon peuple … Je bâtis une église ; j’y communie, et je m’y ferai enterrer, mort-dieu !… Je suis bon seigneur de paroisse... » ; et devoirs qu’il remplissait comme nous l’indique l’un de ses visiteurs : « l’église est petite. Quand M. de Voltaire entre, il se place dans la chapelle près de la petite porte, à côté de laquelle se trouve son tombeau en forme de pyramide ; puis il s’agenouille et suit le culte comme font tous les autres ».

Ne soyons pas tout à fait dupes ! Cette église située de tout temps à 40 mètres de la porte du château, gênait Voltaire, l’empéchant  de tracer une belle allée cavalière au droit de l’allée d’accès du château. Mais il dut renoncer à la déplacer en raison de l’opposition du clergé local et finalement : « … Attenant à sa maison, se trouve une moitié de l’église paroissiale. Il a fait tomber l’autre moitié, et donné à ce qui reste une nouvelle façade, en ayant eu le culot d’écrire en lettres d’or « Deo Erexit Voltaire ». ce qui en faisait « la seule église de l’Univers dédiée à Dieu seul ».




   Cette église fut, depuis sa construction en 1761, le « clou » de la visite à Ferney indispensable pour tout hommage rendu au Patriarche. Au cours de la Révolution, les deux clochetons coiffant les deux petites tours de la façade furent abattus, supprimant ainsi le caractère purement voltairien  de l’église.

Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps,
Tu ne nous as point donné un coeur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger. Puissent tous les hommes se souvenir qu¹ils sont frères !

« Prière à Dieu »,

Voltaire, Traité sur la tolérance.

 

L'absurdité de l'intolérance sera un jour reconnue, comme celle de l'horreur du vide et toutes les bêtises scholastiques. Si les intolérants n'étaient que ridicules, ce ne serait qu'un demi-mal, mais ils sont barbares, et c'est ce qui est affreux. Si je faisais une religion, je mettrais l'intolérance au rang des sept péchés mortels;


Voltaire à Schomberg, 4/8/1769

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