Agriculteur
L'agriculture étant alors la principale source de revenus des Fernèsiens, il était normal que le seigneur s'en préoccupât.
La contribution de Voltaire à l'amélioration de la condition agricole de sa seigneurie mérite d'être prise en considération même si les progrès qu'il apporta n'ont plus d'effet aujourd'hui et ne peuvent plus évoquer le souvenir du Patriarche au visiteur de Ferney. L'agriculture étant alors la principale
Il n'innova pourtant pas dans le choix des cultures; l'introduction du tabac resta sans suite; quant aux mûriers, on les cultivait déjà dans le voisinage. Si l'on compare l'activité de la ferme Mallet en 1748 à celle des fermes du château ou des petites exploitations du village du temps de Voltaire, on ne relève aucune différence notable. On y trouvait jardins, chenevières et basse-cours à côté des maisons, carpières aussi pour les plus fortunés. Les champs produisaient céréales et fourrages, de quoi subvenir aux besoins des exploitants et de leur bétail. Les vignes étaient nombreuses d'autant que les cultures intercalaires ne payaient pas la dîme.
 Voltaire joua néanmoins pleinement son rôle de seigneur-propriétaire terrien. Son Mémoire sur l'Agriculture écrit à Ferney en 1761 pour la notice Agriculture de l'Encyclopédie en témoigne. Son idée-force était la nécessité absolue pour un seigneur de résider le plus souvent possible sur ses terres afin d'en surveiller et guider la bonne et intelligente exploitation. Voltaire reconnaissait l'incontestable bon sens des paysans mais ne jugeait pas prioritaire leur droit à l'instruction générale lorsque la terre réclamait leurs bras. L'important était de leur faire connaître les derniers progrès techniques, l'usage des charrues à semoir et le maniement des vans cribleurs. Ainsi les mobilisa-t-il, les arrachant à leurs petits métiers qui enrichissaient les genevois, l'horlogerie en particulier, pour rentabiliser au maximum son "terrein inculte". C'était bien sûr avant l'affaire des Natifs qui polarisa dans les années 1770, tous les intérêts du seigneur jusqu'à transformer Ferney en haut lieu de l'horlogerie.
Les plus importantes contributions de Voltaire, celles qui changèrent le paysage agricole de Ferney, furent les défrichements des bois autour des anciennes tuileries et l'aménagement de fossés de drainage dont les frais sont notés dans son livre de comptes ainsi que l'assèchement des marais.
Véronique ROLLET. Voltaire et le paysage agricole de Ferney. in Ferney-Voltaire pages d'Histoire Annecy, Gardet, 1994. p.133.
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Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps,
Tu ne nous as point donné un coeur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger. Puissent tous les hommes se souvenir qu¹ils sont frères !
« Prière à Dieu »,
Voltaire, Traité sur la tolérance. |
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