Entrepreneur
Dans le développement de Ferney, Voltaire intervint dans divers domaines pour favoriser l'installation d'artisans et de commerçants.
Dans le développement de Ferney, Voltaire intervint dans divers domaines pour favoriser l'installation d'artisans et de commerçants. On lui doit ainsi une boucherie, une poterie, une faïencerie, une tannerie, l'expansion de la tuilerie existante; mais les établissements les plus connus furent, l'artisanat de la soie et la création d'une véritable industrie horlogère. Dans les deux cas, il n'inventa rien, mais entrepreneur avisé, il développa, profitant des conditions locales favorables, des entreprises déjà existantes.
Concernant la soie, ce fut la venue à Genève de deux des fils Calas qui décida Voltaire à étendre une entreprise qui "était déjà en train". Les vers à soie furent élevés d'abord dans la grange proche du château qui avait servi de théâtre, puis un local particulier fut construit dans la partie ouest du parc. Les feuilles de mûriers étaient fournies par un jardinier de Bellevue et la soie brute était cardée et filée par des ouvrières, souvent des femmes d'horlogers. La soie grège fut traitée, en partie sur place par les frères Calas dans leur atelier genevois et par les ouvrières fernèsiennes qui produisaient des "blondes" (dentelles de soie) et Voltaire tenta de placer ses productions de bas à la Cour de France, en partie à Lyon dans la fabrique qui utilisait les services de Philippe de La Salle, le
La présence de manufactures florissantes à Pont-de-Veyle et Belley limita le développement de l'artisanat fernèsien qui disparut à la mort du Patriarche en 1778.
Dès le XVII° siècle, quelques horlogers gessiens produisaient des ébauches de montres - des blancs - qu'ils expédiaient à Genève, et Voltaire jusqu'en 1770 ne s'y intéressa guère. Cependant avec l'échec de la ville nouvelle de Versoix et suite aux troubles sociaux de Genève, conséquence du refus des bourgeois et citoyens de Genève d'accorder des droits civiques auxquels aspiraient les Natifs, fils d'immigrés ayant obtenu une lettre d'habitation.
Voltaire prit le parti des Natifs, les conseilla, les reçut à Ferney lorsque les "meneurs" furent exilés. L'occasion fit le larron et il se lança à corps perdu dans l'entreprise. Dans cette affaire, il ne fut pas tout à fait désintéressé; nuire aux intérêts économiques de Genève, "ce misérable trou entre la France et la Savoie", et par là plaire à la Cour de France étaient des motifs suffisants tout en développant Ferney.
Si les conditions de travail furent au début très précaires, très vite, Voltaire mit tout en oeuvre pour aider ces nouveaux "colons": prêt de cent mille francs sans intérêt, aménagement en ateliers de l'ancien théâtre, mise en chantier rue de Meyrin d'une douzaine de maisons louées à 2,5% du capital. En octobre 1770, une quarantaine de petits immeubles étaient prêts et l'un deux portait le titre : "Manufacture royale de montres de Ferney". Il est probable, que cette manufacture fondée par deux genevois Pierre Dufour et Louis Céret n'eut jamais d'existence légale en l'absence des lettres patentes royales.
Les ateliers fernèsiens produisirent des montres de qualité semblable en tout point à celles sorties des ateliers genevois.
Les effectifs s'accrurent très rapidement: 40 environ le 24 avril 1770, 60 le 11 mai et le 12 juillet une centaine, "six cent artistes " le 24 septembre 1773 et "douze cents pères de famille" courant 1776.
Quatre ateliers le 20 septembre 1771, un comptoir de vente à Paris , construisirent et écoulèrent, à Paris surtout, environ 4000 montres en 1773.
Voltaire s'efforça de résoudre les problèmes d'approvisionnement en or et à partir de 1776, les autorités acceptèrent de fermer les yeux sur le fait que les horlogers fernèsiens utilisaient des titres identiques à ceux de Genève , donc inférieurs aux titres français.
Les débouchés furent assurés par une publicité orchestrée par le Patriarche . Profitant de ses relations, il imposa à la Cour et dans toute l'Europe, avec des succès divers, les productions de ses ateliers. Il réussit à leur obtenir des franchises postales pour leurs envois.
Toutefois, les conditions économiques, politiques et un certain désintérêt de la part du Patriarche conduisirent bien des immigrés à rentrer en ville et dès son départ en février 1778, le déclin de l'horlogerie fernèsienne était consommé.
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Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps,
Tu ne nous as point donné un coeur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger. Puissent tous les hommes se souvenir qu¹ils sont frères !
« Prière à Dieu »,
Voltaire, Traité sur la tolérance. |
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