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Représentation de Voltaire

 

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Architecte

De 1758 à 1766 : il rebâtit son château et l’église paroissiale de Ferney

" Vous voulez que j'ose consulter M.Soufflot sur cette église de village, et j'ai fait mon château sans consulter personne..." (8 octobre 1760 à Nicolas-Claude Thieriot). 


A un correspondant italien, à qui il adresse un paquet, Voltaire écrit : "Je serais tenté d'y joindre le plan du petit château que je viens de faire bâtir moi tout seul..." (sept.1760 au comte Francesco Algarotti).


Dans la construction de son château et de l'église paroissiale, Voltaire s'affirmait ainsi comme son propre architecte. Or sur le plan du rez-de-chaussée du château dressé en 1779 pour la tsarine Catherine II, le secrétaire, Jean-Louis Wagnière a précisé: "sur les dessins d'un architecte de Genève ". Nous savons par des sources indirectes que Voltaire aurait utilisé les services de Jean-Louis Billon, architecte genevois connu et apprécié à l'époque.La contradiction entre ces diverses sources n'est qu'apparente. 


En effet, au XVIII° siècle, la profession d'architecte se distinguait mal de celles de maçon et d'entrepreneur. En possession des dessins de Billon, Voltaire constamment présent sur le chantier en fut le maître d'oeuvre, secondé par les maîtres maçons de Samoëns, Jean-André Guillot et Jean-Joseph Deplace, le maître charpentier François-Louis Landry; artisans qui signèrent un peu plus tard certaines très belles maisons de Ferney (le Bijou de Florian, la maison Rieu, par exemple).
Toutefois, Monique Bory (*) qui a soigneusement analysé la réalisation du château note que "le Patriarche n'était pas vraiment préparé à maîtriser toutes les finesses d'un langage architectural soumis à des règles subtiles. L'oeuvre semble révélatrice du caractère du maître de l'ouvrage: impulsif et trop impatient pour laisser mûrir ses idées et les soumettre à la cohérence de l'ensemble..."


En 1766, sur des plans dressés et des travaux conduits par Léonard Racle, deux ailes furent ajoutées au corps principal.
Concernant l'église paroissiale, sans entrer dans le détail des démêlés écclésiastiques et judiciaires qui entravèrent sa transformation (**), il semble bien que la aussi "l'architecte" en fut Voltaire. Les plans, qui ont été conservés à la Bibliothèque Nationale de Russie à Saint-Pétersbourg, nous montrent divers projets de façade qui peuvent être d'un homme de l'art, mais le plan d'ensemble, ses cotes et les commentaires qui l'accompagnent sont de la main de Voltaire. Les maîtres maçons sont les mêmes que pour le château et c'est avec eux qu'il passa de sa main, le 6 août 1760, un contrat qui, s'il précise bien les intentions du Patriarche, ne fut pas réalisé dans tous les termes prévus.


Dans la construction du village, Voltaire n'intervint pas directement comme architecte mais comme promoteur, en mettant à la disposition des intéressés soit des maisons "clés en mains", soit des terrains à bâtir.




Ouvrages de références:
(*) Monique BORY : Le château de Ferney.  in "Voltaire chez lui   Genève et Ferney". Genève, Skira, 1994. pp. 47-74.
(**) Lucien CHOUDIN: Deo Erexit Voltaire MDCCLXI  L'église de Ferney  1760-1826. Annecy, Gardet, 1983. Le château de Ferney-Voltaire,  Le Nouveau Fusier, 1992 


   

Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps,
Tu ne nous as point donné un coeur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger. Puissent tous les hommes se souvenir qu¹ils sont frères !

« Prière à Dieu »,

Voltaire, Traité sur la tolérance.

 

L'absurdité de l'intolérance sera un jour reconnue, comme celle de l'horreur du vide et toutes les bêtises scholastiques. Si les intolérants n'étaient que ridicules, ce ne serait qu'un demi-mal, mais ils sont barbares, et c'est ce qui est affreux. Si je faisais une religion, je mettrais l'intolérance au rang des sept péchés mortels;


Voltaire à Schomberg, 4/8/1769

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